Premier Chapitre : fausses promesses
Après une correspondance longue et débridée comprenant nombre de fantasmes inavouables sur un site de rencontre pour adultes, nous convenons de nous rencontrer en terrain que nous dirons neutre. Le Centre Naturiste du Cap d’Agde où il est censé posséder un appartement. Nous fixons une date qui lui convienne pour qu’il m’accueille à Montpellier. À ma descente de train, après un voyage de 8 h et plusieurs messages sans réponse de sa part, personne ne m’attend à la gare. Sur le moment, je me sens un peu perdue dans une ville inconnue à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi, sans moyen de transport et très peu d’argent disponible.
Je décide alors de tenter le tout pour le tout. Je lance un SOS à la communauté sur le site où je l’ai rencontré en expliquant la situation : « Bretonne ayant subi un lapin d’un libertin irrespectueux cherche accueil pour une nuit, ou plus si affinités avec objectif final découverte du site naturiste du Cap d’Agde ».
Après quelques messages de soutien, quelques hommes répondent . Deux d’entre eux sont disposés à me payer une nuitée d’hôtel et plus si affinités et se partagent les frais de cette première nuitée et quelques instants de plaisirs. Au matin, le deuxième m’emmène sur le village du Cap, mais ne peut pas rester. Il me confie à un autre volontaire du site avec qui je me suis amusée pour une nuit. Jusque-là rien de bien extraordinaire pour moi.
Ce deuxième jour, je contacte sur le site un organisateur de soirées sado-masochistes plutôt dans la mouvance Domination/soumission que je savais fréquenter souvent le Cap. Mais bloqué à Lyon pour la semaine, il ne peut pas m’aider directement. Il me propose de prendre contact avec des connaissances qu’il a sur la zone et me dit que je vais recevoir un message sur mon téléphone portable qui devra être réglé sur vibreur. Un mot de code commencera le message : « Salope ». Je reçois un message au matin du troisième jour avec le mot de code. Il me prévient de préparer mes affaires et d’attendre devant la pension où j’ai pris une chambre que l’on vienne me chercher. Au bout de quelques dizaines de minutes, je vois donc arriver une grosse berline noire, presque caricaturale comme image. Je ne vois pas le conducteur, mais reçois un message sur mon téléphone qui me donne l’ordre de monter. Je me mets donc en mode soumise, glisse mon sac dans le coffre qui s’est ouvert comme par magie, en prenant soin de conserver mon téléphone, et pose mes fesses sur le siège arrière comme indiqué dans le message. Après une dizaine de minutes de route, le conducteur arrête le véhicule sur une aire de repos dans un sous-bois. Mon téléphone vibre et le message me demande de sortir de la voiture, de relever ma robe, retirer ma culotte, si j’en porte une, de me placer le bandeau présent sur la banquette arrière sur les yeux et d’attendre plaquée sur le capot avant de la voiture. Ayant pris les devants, je n’ai pas mis de culotte ce matin-là. Je m’exécute sachant qu’il est peu probable que je connaisse quelqu’un dans le secteur. L’air chaud caressant ma peau jusqu’à mon intimité, j’entends des voitures passer, s’arrêter, des sifflements et des halètements, et repartir. Je ne sais pas combien de temps cela à durer. J’entends une porte de voiture que l’on ouvre plus prêt de moi, des pas qui se rapprochent, un souffle trop chaud dans mon cou. Je sens une main passer sur mes fesses, les pétrir, les écarter. Après quelques secondes sans contact, la chatte en feu bien que d’une humidité absolue, je sens deux mains m’écarter les cuisses tout en me plaquant contre la voiture, puis deux doigts me pénétrer fermement et sans hésitation. Les doigts se sont retirés et j’ai entendu une voix profonde me dire à l’oreille : « bonne fille, salope à souhait, je crois que nous allons bien nous amuser ensemble ». LA voix est sourde et chaude, sans tremblement, ferme et directe. Elle m’ordonne de me laisser faire et IL me prend de ses doigts, les faisant glisser de plus en plus rapidement. Mes jambes tremblent de plaisirs et d’appréhension des événements à venir. Lorsque je suis au bord de la jouissance, IL retire d’un coup ses doigts et me flanque une claque brûlante sur les fesses. LA voix me remercie et me demande d’attendre, j’entends des portes qui plaquent et un bruit à côté de ma tête que je connais. C’est mon téléphone qui vibre pour m’annoncer l’arrivée d’un message. Je retire le bandeau, un peu désorientée entre le noir du bandeau et la lumière du soleil de midi. Je lis le message qui m’ordonne de remonter en voiture après avoir mis une serviette sur la banquette. Je m’exécute. Nous reprenons la route.
Nous finissons par nous arrêter dans la clairière d’un bois de pins maritimes. Un nouveau message me dit me déshabiller complètement mais en gardant mes sandales ainsi que mon téléphone (pour me rassurer si nécessaire) et de me rendre au chalet au bout de l’allée. Mon sac reste dans le coffre de la voiture car je n’ai besoin de rien de ce qui s’y trouve. Une fois là-bas, je dois attendre en fermant les yeux. Je fais ce que l’on me dit sagement et je m’arrête devant un petit chalet de chasse entouré d’une palissade et dont le jardin comprend une cabane, en plus du chalet. Je ferme les yeux et attends. Au bout d’un instant, qui semble être des heures, le soleil perçant le couvert végétal me chauffant la peau, j’entends des pas derrière moi. Je résiste à l’envie de céder à la curiosité et c’est difficile. Je veux savoir à qui j’ai affaire. SA main se pose sur ma nuque et SA voix me dit d’avancer et de me laisser guider, que si je suis sage, pas de punition. Malgré l’avertissement, je ne résiste pas à la tentation d’ouvrir les yeux même si je sais que je ne dois pas. L’envie est trop forte. Je vois donc mon maître du jour, un vieux libidineux. Il doit avoir dans les soixante ans ou plus, boite légèrement et a un visage disgracieux, asymétrique. Je ne sais pas si il est seul, mais je sais que je dois être punie pour avoir enfreint les règles du jeu. Dans le chalet, le visage contrarié, il passe un appel sans desserrer son emprise sur mon cou. Je comprends à la conversation qu’un de ses amis doit nous rejoindre. Entre temps, il a eu tout le loisir de me placer des bracelets de cuir aux poignets et aux chevilles et de me faire prendre la pose à genoux, jambes écartées et tête baissée.
À l’arrivée de son invité, un homme aussi âgé que le premier, ils m’attachent les poignets à des fixations dans le mur à quelques centimètres au dessus d’un lit aux draps douteux sentant le renfermé, me mettent à genoux avec une grande fermeté. L’invité me tient les chevilles pour que je ne puisse pas m’allonger. En un éclair, le feu du martinet laisse des brûlures sur la peau de mes fesses. Puis des doigts prennent d’assaut ma chatte. Après m’avoir fisté sur ce lit douteux, ils me détachent et m’emmènent dans le cabanon. J’y découvre une croix de Saint André. En moins d’une minute, je me retrouve plaquer sur la croix et attacher à l’aide des bracelets de cuir. Ils ont de la poigne les deux vieux. Cela m’excite beaucoup, mais quand je vois l’état de leur matériel (pinces à téton rouillées, hygiène de la pièce plus douteuse encore que celle du chalet) et prends conscience que ce qu’ils ont prévu de me faire laisserait immanquablement des traces sur la peau, j’utilise le safeword, ce mot que tous soumis doivent avoir avec leur maître pour dire « stop, j’ai atteint mes limites ».
Ils ont compris, n’ont pas insisté, m’ont détaché et réconforté car j’étais déçue de n’avoir pas pu les satisfaire. Après plusieurs coups de téléphone à des contacts locaux, ils me ramènent sur le Cap à un point de rendez-vous avec un autre dominateur ,plus adéquat pour mes limites me disent-ils. Ils me laissent sur le parking et attendent un peu plus loin l’arrivée de leur contact. Apparemment, je dois lui plaire, car il vient me chercher rapidement et me demande si je connais Béziers. Donc me voilà en direction de cette ville que je ne connais que de nom, pour son équipe de rugby… (A suivre)

Vraiment une expérience quelque peu stressante dans un contexte inconnu. Et oui on ne rencontre pas de bel âtre tous les jours, il faut de tout, mais bien choisir.
J’aimeJ’aime
Mais tellement enrichissante pour la connaissance de ses propres limites. Une histoire basée sur mon expérience avec un brin de fantasmes pour augmenter les sensations à la lecture et ajouter un peu de romanesque.
J’aimeJ’aime
Ce billet explique exactement pourquoi je ne serai jamais libertine. Je serai incapable de baiser avec un homme qui ne me plaît pas et qui est si vieux. Le physique compte beaucoup pour moi… Mais j’attends la suite du récit ! Parce que ça sert à ça les blogs : découvrir d’autres univers 😉
J’aimeJ’aime
Ma chère Pandora,
Si vos récits sont ceux de votre vie, ce que je ne remets absolument pas en cause, vous êtes à votre manière une libertine.
Contrairement aux idées reçues des Vanilles (les non libertins), il existe autant de définition DU libertinage que de libertin. Pour moi, une femme qui sait ce qu’elle veut avec un mec, qui sait rester libre de ses envies, est une libertine. Vous devez juste vous assumer comme voyeuse et jouisseuse !! 😉
J’aimeJ’aime
Les vanilles ? J’apprends un mot (C’est joli). Je pense qu’il faut faire la différence entre ceux qui réalisent tous leurs fantasmes et ceux qui en réalisent quelques uns comme moi. Je pense sincèrement que pour certaines personnes réaliser tous leurs fantasmes peut être dévastateur. De nombreuses femmes (C’est statistique) aimeraient réaliser ce que vous décrivez dans ce billet. Meme si c’était l’un de mes fantasmes, Je ne le ferai jamais parce que j’ai besoin que l’homme me plaise, l’idée d’être baisée par un vieux pas beau ne me fait pas mouiller, j’aurais le sentiment d’avoir été violée. Autre chose : vous dites que vous être contrariée d’avoir déçu les hommes en question, moi je m’en fous de les décevoir (mais normal je ne suis pas soumise !). Pour moi le plaisir est avant tout visuel, je ne couche qu’avec une poignée d’hommes triés sur le volet. C’est d’ailleurs ce qui faisait rager les rares vrais libertins quand j’étais sur un site, ils m’accusaient de « faire mon marché ». C’est ce que je faisais en effet parce que je suis libre et je fais ce que je veux ! J’ai des amies libertines avec qui nous parlons pas mal de sexe et pour elles le plaisir est primordial, peu importe le physique s’il y a feeling, pour moi c’est la beauté physique des hommes (et la jeunesse) avant tout. Et si j’aime le sexe je peux aussi m’en passer, pas mes amies libertines. J’assume le fait d’être une femme libre 🙂
J’aimeJ’aime
Et c’est ta liberté qui prime. Ça c’est très beau. Mais je ne suis pas de celles qui peuvent se « permettre » d’attendre un Apollon. J’ai conscience que pour certaines femmes, il est facile de choisir. Et puis comme je le dis souvent le physique ne comprend pas d’office, spiritualité, humour et respect. Chacun fait comme il lui plaît.
J’aimeAimé par 1 personne