Être libertine est, pour moi, un état d’esprit. Ayant découvert le libertinage sur le tard et surtout en tant que célibataire, la situation était pour moi relativement simple. Depuis mon cocon, je pianotais sur mon clavier, ou je matais un live sur mon site préféré et il ne fallait pas trente secondes pour que quelques hommes me contactent plus ou moins galamment. La forme de l’apostrophe m’importait peu, le fond en revanche… Je recherchais le feeling, le truc qui fait frissonner le ventre et vriller les reins. Un échange écrit, un rendez-vous en public ou au chaud à la maison (la mienne ou la sienne). Je ne me posais pas plus de question. Pour moi, le physique importait peu. Au départ, je me disais : « si déjà, il veut de moi, je vais pas faire ma difficile ». Mon peu d’estime de moi m’a poussé à sortir de la zone de confort dans laquelle j’avais évolué jusque-là. Zone de confort consistant à rejeter systématiquement toute proposition quelle qu’elle soit, aucun homme dans ma vie pendant 15 ans, à tel point que certaines de mes connaissances m’avait surnommée le Hérisson (c’est mignon tout plein de loin, mais approche-toi et tu tâteras de ses piquants). En cela le libertinage m’a libéré (peut-être un peu trop !!! 😜).
Donc à partir de 35 ans, me voilà sur le marché comme disent certains êtres très délicats. Sur le marché, sans attaches sentimentales, sans trop de préjugés, juste une forte envie d’expérimenter. J’ai pratiqué le libertinage comme on va faire ses courses. Ça peut paraître cru de présenter les choses de cette manière, mais c’est exactement comme ça que je vois les choses avec le recul. Une connexion de quelques secondes, un affichage en « libre ce soir » et c’était parti. Après quelques temps de pratique, je me suis même aperçue que je pouvais ,d’un simple sourire parfois, émoustiller certains hommes. Je n’ai pas compté le nombre de partenaires rencontrés pour une nuit, un 5 à7, ou juste un échange vidéo. J’ai même commencé à « chasser » dans le « vrai monde », celui que j’appelle le monde Vanille. Certains ont eu le droit à plus d’attention, plus de moments intimes et sensibles. J’en ai même aimé quelques uns, mais épousé un seul.
Un brin fleur bleue, il libertinait un peu en désespoir de cause, n’arrivant pas à rencontrer de femmes autrement. Il était gentil, attentionné, avec un brin de jeunesse d’esprit rafraîchissant avec une allure de sale gosse, plutôt beau garçon. Mais le libertinage et le mariage sont difficilement conciliables quand les deux partenaires ne libertinent pas pour les mêmes raisons. Moi, j’adorais (et j’aime toujours) le sexe, les expérimentations, les jeux de dominations, mais aussi le simple fait de jouer d’un regard, d’un sourire. Ma tête débordait de fantasmes restants à assouvir ou d’envies de revivre des expériences déjà expérimentées. Lui plus prosaïque, ne cherchait qu’une partenaire de vie. Avec le temps, je me rends compte que le mariage comme union sacrée où l’on se doit fidélité et soutien permanents est une cage, qui bien que dorée et sucrée (et pas pour toutes et tous malheureusement), reste une cage tout de même. Pour l’un comme pour l’autre. L’obligation de se conformer à l’image du couple que la société nous donne, n’est sans doute pas ce pour quoi l’Homme est fait, tant au féminin qu’au masculin.
Une petite explication est nécessaire. Mon mari n’est pas prêteur et moi je déborde d’envie d’être partagée. J’aime être regardée avec envie, faire détourner des regards, jouer du mien, déclencher des réactions en chaîne. Depuis mon mariage, j’ai dû m’assagir, changer de tenue vestimentaire, ranger certains artifices ou jouets, … Mais je crois que ce qu’il y a de pire dans mes changements, c’est qu’il ne m’a rien demandé, je l’ai fait pour rentrer dans ce moule que doit prendre la femme mariée. Nous continuons à libertiner, mais uniquement tous les deux ensemble, en club.
Et avec le COVID, je dois avouer que c’est un brin désert depuis plus d’un an. L’ennui peut très vite s’installer au sein du couple quand il n’est basé que sur le sexe. Avec mon mari, nous partageons peu de choses en dehors de notre fils, de notre vie commune et du sexe. Nous n’avons pas la même vision de l’Humanité et de ses éléments constitutifs que sont les êtres humains, pas non plus les mêmes approches politiques, ni la même conception des relations sociales, etc… Il m’arrive de me demander pourquoi je me suis mariée. Et quand j’y réfléchis bien, c’est juste que je l’aime, même s’il m’est arrivé de lui faire du mal en le trompant par exemple (je ne peux rien lui cacher, il est au courant). Mais cet saleté de virus m’a déstabilisé plus que je ne l’aurais cru. Tout d’abord confinée pendant 4 longs mois (c’est là que j’ai craqué), puis en arrêt suite à un bête accident de travail pendant 8 mois, je ressens des envies que je n’ose partager avec lui. Mais j’ai promis d’être sage et je tiendrais ma promesse, au moins jusqu’à ce que les clubs rouvrent enfin et que nous puissions en profiter.
Aux libertins qui liront ces lignes, je n’ai qu’une chose à dire : pas de bêtises, restez sages quelques temps pour mieux en profiter quand la crise sera passée.

Il faut vraiment que j’arrête de me plaindre !!!!! 😜
J’aimeAimé par 1 personne