Depuis la réception du colis, je fais n’importe quoi. À tel point que Karen me conseille un passage à la salle de sport. J’y passe deux heures à transpirer et pourtant, je la sens si près de moi. Je me suis épuisé physiquement en pensant que cela m’empêcherait de réfléchir et maintenant que j’ai pris ma douche et que je m’apprête à rentrer chez moi, Elle revient envahir ma tête.
Mon chauffeur m’attend pour me raccompagner à la maison. Une attention de Karen. Je ne décroche pas un mot de tout le trajet. Ma tête est envahie d’images plus que suggestives. Mon corps, malgré la fatigue, réagit quand mes doigts se posent sur le couvercle de la boîte, SA boîte. Arrivé dans mon appartement, je reprends LA boîte, la pose délicatement sur mon lit et y déverse son contenu sur la housse de couette noire. Les pièces métalliques tintent et brillent en roulant. La carte tombe doucement. Je relis le message.
J’accepte ce post. Nous commençons notre collaboration dès demain. Mme G »
Mon esprit est en ébullition, mon corps vibre. Mes doigts jouent avec les objets métalliques. Je finis par tomber dans un sommeil agilité sans m’en rendre compte.
Au matin, je sens comme un poids sur ma gorge. Je passe ma main dessus et mes doigts rencontrent du cuir. Dans mon sommeil, j’ai dû mettre moi-même le collier en place. Sans le retirer, je vais à la salle de bain et me regarde dans le miroir. Je fais peur à voir avec mes vêtements froissés, mes cheveux en bataille et le collier au cou. Pourtant, ma première impression est que seul le collier est à sa place.
Je le retire ainsi que tous mes vêtements et prends une longue douche. L’eau semble m’éclaircir les idées et me nettoyer de ma nuit. Tandis que l’eau chaude poursuit son œuvre, j’entends la sonnette de l’entrée. Ça doit être mon chauffeur. Je sors rapidement de la douche, passe une serviette autour de moi et vais ouvrir. C’est bien mon chauffeur, mais il me tend une enveloppe en me précisant qu’un coursier vient de déposer ça pour moi. Je l’invite à entrer, comme d’habitude. Il va se faire un café en attendant que je sois prêt. Je jette l’enveloppe sur mon lit et me prépare à m’habiller, quand mon esprit revient vers l’enveloppe. Il y a un logo dessus qui me rappelle quelque chose…
C’est le même que sur la boîte !
Les lettres D et G entrelacées. Je me précipite sur l’enveloppe, la déchire presque pour y découvrir une invitation très chic pour une soirée à thème dans un lieu très privé. Quand je regarde l’adresse du lieu, je reconnais le quartier, mais n’y connais aucun lieu extravagant, bien au contraire. C’est un quartier de Paris où l’on retrouve quelques grands noms de la bonne société, des maisons cachées derrière des hautes portes cochères avec système de sécurité haute gamme. Un chauffeur me prendra en charge à 19 h devant ma salle de sport. À chaque minute de retard, une punition m’attendra. Si j’oublie ses cadeaux, ce n’est pas la peine que je vienne. Et je ne dois pas amener de cadeau puisque JE serai le cadeau.
Je sens que je vais avoir une journée difficile.
Je remets les présents qu’elle m’a faits dans le coffret en y ajoutant un carré de soie rouge. Je glisse la boîte dans mon sac de sport ainsi qu’une tenue de sport propre et un costume pour ce soir. Je prends un café avant de dire à mon chauffeur que nous y allons. En route, je préviens ce dernier que ce soir, je n’aurai pas besoin de lui, quoi qu’en dise Karen.
La journée passe trop lentement à mon goût. Pour un rien, je me mets en colère, à tel point que Karen s’en inquiète vraiment. Je m’excuse très sincèrement auprès d’elle, car elle n’est pas responsable. Elle essaie de me simplifier le travail et elle essuie les effets de ma mauvaise humeur.
À 15h, elle entre dans mon bureau, très remontée.
-Monsieur, je n’ai pas l’habitude de me fâcher, mais là, trop, c’est trop ! Reprenez-vous ou ce sera sans moi !
Voyant ma si parfaite secrétaire dans cet état, je reconnais que la journée n’a pas été facile pour elle. Je lui donne sa fin de journée et lui annonce que je vais à la salle de sport. Avant qu’elle parte, je lui donne un message a transmettre à l’ensemble des salariés de l’entreprise. Demain nous serons vendredi et je leur donne un jour de congé à tous, en plus de ceux qu’ils ont déjà. Un weekend de 3 jours, personne n’y trouvera à redire, et moi, j’en aurai peut-être bien besoin.
Je me rends à la salle de sport à pied. J’ai prévu beaucoup d’exercices pour me vider la tête. Arrivé sur place, je constate que la salle est fermée. Ma colère est à son maximum. J’appelle le responsable de la salle, prêt à hurler ma frustration. Quand il décroche, c’est pour m’annoncer que je peux entrer par derrière, son assistant m’attend. Un peu surpris, je passe par l’arrière.
-Nous avons été prévenus de votre arrivée. Ne vous inquiétez pas, la salle est à vous pour 1h30. Nous n’ouvrons qu’à 18h30 au grand public. Vous pourrez aussi vous détendre dans le jacuzzi, je viens de le mettre en eau.
Le jeune homme s’efface pour me faire entrer par l’entrée des employés. Une jeune femme est à l’accueil, visiblement en proie avec de la paperasse. Elle lève la tête et me salue avant de remettre le nez dans les papiers étalés devant elle. Elle est plutôt jolie, cette petite brune aux grands yeux clairs. La grande majorité des femmes semblent petites à côté de moi. Je remarque aussi un détail. Elle porte un collier avec un pendentif étrange.
Je m’installe au rameur pour éliminer la colère de l’impatience. Pendant que je rame, que mes muscles se crispent sous l’effort, ma tête se vide, quand soudain je fais un lien. Le pendentif… C’est le même dessin que sur la boîte et l’enveloppe !!!! Impossible, mon esprit me joue des tours. Je finis mes 30 minutes de rameur et me décide à en avoir le cœur net. En m’approchant de la jeune femme de l’accueil, je me sens stupide, c’est impossible que cela soit le même symbole, c’est idiot !!!
Elle lève la tête et plonge ses yeux clairs dans les miens. L’espace d’une minute, j’en oublie pourquoi je suis debout devant le comptoir.
-Vous désirez quelque chose, Monsieur ? Me dit-elle d’une petite voix aussi cristalline que son regard.
-Je… Je…! Votre collier ! Il m’intrigue ! Je crois connaître ce symbole ! Pouvez-vous me dire ce qu’il représente ? Excusez-moi, vous n’êtes pas obligée de me répondre ! Sincèrement, pardon !
Je suis tellement gêné que je tourne les talons pour éviter la réponse. Je m’installe sur un vélo elliptique, le plus loin possible de l’accueil. Je tente de me concentrer sur la session quand une petite voix me sort de mes réflexions.
-Pourquoi vous excusez-vous ? Si ce n’est que vous connaissez la réponse ? J’ai eu le plaisir de croiser la route d’une femme qui m’a beaucoup appris et dont je garde ce souvenir.
Pendant qu’elle me dit cela, ses doigts fins jouent avec le pendentif en argent. J’ai dû mal à le quitter des yeux. Ses doigts quittent le pendentif et je sens leur fraîcheur sur ma joue. Elle me fait relever la tête et sourit en plongeant son regard dans le mien.
-Oh ! Oui, je ne me suis pas trompée ! Vous la découvrez seulement ! Soyez sage et le plus honnête possible ! Elle saura vous faire découvrir son univers. Dîtes-Lui qu’elle me manque. Mon prénom, c’est Lucie !
Je n’ai pas prononcé un mot et la voilà qui trotine pour retourner à son bureau. Je dois dire que cette rencontre me fait me poser toutes sortes de questions.
-Tout va bien, Monsieur ?
C’est la voix du jeune homme qui me sort de ma torpeur.
-Vous devriez aller vous détendre dans le jacuzzi, maintenant !
Comme un robot, je me dirige vers l’espace aquatique pour me plonger dans l’eau bouillonnante. Mes pensées ne me laissent pas de répit. Soudain, je sens des mains sur mes épaules. La voix de Lucie me susurre des phrases à l’oreille que je n’arrive pas à comprendre, ses doigts glissants sur ma peau toujours plus loin sous l’eau. Mon corps vibre et frémit à ce contact. Il réagit bien malgré moi. Son pendentif touche ma peau et me brûle.
Je me réveille dans le jacuzzi, je suis seul, une musique zen résonne. Ma soirée s’annonce étrange, si elle commence comme ça.

Bravo et simplement merci pour vos mots. Ils sont envoutant et j’en suis ensorcelé!! Hâte de retrouver la Belle Galadriel, la vraie ou l’autre, elles sont irrisitibles toutes les deux. Sébastien
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